| |
Il y a de ça quelques jours, j'avais lu chez LeMaudit le début d'une polémique trollesque (soit un grand coup de vent sur un feu de pas grand-chose). Les malfrats incendiaires de bus marseillais avaient été qualifiés d'"enculés" par Koz et cela avait suffit pour que des joyeux drilles brandissent la carte "homophobie". Dans ma tête (de blonde qui lit parfois en diagonale parce qu'elle n'a pas toujours le temps), il n'existe qu'une Koz, c'est la fée Kozlika. L'autre, connais pas. J'ai peut-être tort du reste. Bref. Et puis surtout ça me faisait marrer d'imaginer une icône gay (si si, sweetie darling, you're a star among gay community!) se faire taxer d'homophobie (tout comme Donna Summer! Pareil!). Sachant que j'allais la croiser au Paris Carnet, je m'étais gardé de tout commentaire. On trouvera bien l'occasion d'en parler...
Boulette en un acte ! 20h15 : J'arrive au Paris Carnet 20h16 : Je repère la table des Pédays où trône justement Kozlika chaussée de bottes à faire pâlir de jalousie toutes les DragQueens de ce monde (il en reste encore d'ailleurs?). 20h16 et 30 sec. : Je la salue d'un "Bonjour l'Enculée..." 20h16 et 33 sec. : Après un temps d'arrêt, Kozlika a rebooté son disque dur et me répond dans un cri de désespoir "Maiiiiiiiis, c'est paaaaas moiiiiiiii !" Avec Orpheus, apprenez à être ridicule en moins de deux minutes chrono! Le plus drôle est que La Fée guerroie justement contre sa progéniture pour lui chasser ce vilain mot de la bouche! Rhalala, je n'en rate pas une!
Ce préambule blanchissant notre égérie, revenons-en à nos enculeries. Je ne comptais pas trop participer au débat, mais puisque les circonstances m'y poussent.
"Enculé", insulte homophobe ou pas ? - D'abord, ça fait chier de généraliser, de coller des étiquettes et de ranger dans des cases. Enfin bon. - Ensuite, pourquoi homophobe? Ils s'enculent pas les hétéros? - Mais surtout, j'ai tendance à croire (attention, n'oubliez pas que j'ai le cerveau à l'envers) que c'est la personne qui le prononce qui fait de ce vocable une insulte ou pas. Dans la bouche d'un homophobe reconnu (Christian V. et consorts par exemple), "enculé" aura des résonances blessantes à nos sensibles oreilles. Maintenant, si ce mot m'est lancé par un(e) ami(e), je peux même y attacher des connotations affectives!
Démonstration par l'anal-ogie (pas pu m'empêcher) avec l'antisémitisme. "Juif" n'est pas une insulte. On parle du peuple juif, on parle de religion juive, etc... Par contre, si on ajoute un qualificatif d'appréciation du genre "sale", là pour le coup, il y a bel et bien offense. C'est le qualificatif qui fait l'insulte, pas le nom en lui-même. Et bien il en est de même pour "enculé". Celui qui me dira "sale enculé" risque de se manger ma main dans la gueule alors celui qui me dira "superbe enculé" aura toute mon attention... CQFD !
A cela, Rhaaa-XIII-Lovely m'objecta qu'il n'y a pas que la bouche de celui qui parle. Il y a également l'oreille de celui qui entend. La version insultante du mot "Enculé" pourrait être traumatisante dans les oreilles d'un jeune qui se découvrirait et qui aurait du mal à accepter son identité sexuelle. L'argument se tient. Néanmoins, je n'y souscris pas entièrement. Je me dis que cela participe en quelque sorte au processus de construction de l'individu. Le jeune en question saura ainsi qu'il y a des gros cons et que l'homosexualité n'est pas toujours acceptée. En se sentant insulté, il se forgera un caractère et se construira ses propres armes. Il apprendra aussi à moduler son comportement en fonction de son entourage. Je préfère qu'il soit choqué auditivement que de le savoir naïf et guilleret devant des casseurs de dèps.
Autre démonstration, en photo celle-ci (et cryptée parce que pornographique dans les deux cas), des deux acceptions du mot "enculé"...
Je conclurai cette conversation de la même façon qu'avec Kozlika hier soir. Dans ma bouche, "Enculé" est un compliment.
/o\
NotaBene : J'ai eu la flemme de mettre les liens vers les blogs des personnes citées dans ce billet. 'tain, chuis vraiment un enculé !


|
|