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La motivation : Depuis le choc que m'a causé Betty en 1992, j'ai une tendresse infinie pour Chabrol et son art de mettre en perspective la palette des sentiments. La première fois que j'ai vu l'affiche, il ne s'agissait que du visuel. Aucune mention ne laissait penser qu'il s'agissait d'un film. J'ai alors cru à l'annonce d'une expo de Miss Tic. La semaine suivante, l'affiche était complète. Et mon envie doublée.
Le pitch : Gabrielle Deneige présente la météo sur une chaine de télévision régionale. Son aura séduit son entourage. Un vieil écrivain à succès aux penchants pervers réussit à trouver le chemin de son cœur. Mais un jeune milliardaire désœuvré et impulsif parvient tout de même à tirer son épingle du jeu...
Il serait réducteur de cantonner ce film au seul partage du cœur entre deux individus. La fille coupée en deux est bien plus que cela. Mais il ne faut pas trop en dire non plus...
J'aime chez Chabrol le sens du découpage. Il prend le temps d'installer le décor, de nous présenter les protagonistes en évitant les longueurs. Sans oublier l'attention qu'il porte aux sentiments féminins. Un regard, une réplique, un simple geste d'une main qui se pose sur une épaule ou sur une joue, et tout est dit. Qu'il nous entraine dans une bourgeoisie aux principes étriqués ou dans le libertinage, c'est toujours avec tendresse, et surtout sans jugement. Chabrol ne dénonce pas, il montre et raconte.
Alors oui, certaines scènes (surtout au début) auraient peut-être méritées quelques prises supplémentaires pour ce qui est du jeu des acteurs. Je présume un petit budget. Mais quel plaisir ! La petite Ludivine Sagnier assure face à la maîtrise de Berléand. Magimel fait ce qu'il peut pour sembler odieux. Et quel plaisir enfin de revoir Mathilda May. Le rôle ambigu de Capucine lui va à ravir.
___ un rôle pour orpheus : Marie, la maman de Gabrielle (joliment jouée avec douceur et retenue par Marie Bunel). Je me reconnais assez dans ses penchants protecteurs.


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