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Les hommes ont abandonné la Terre devenue irrespirable sous les déchets en laissant à Wall·E, un robot nettoyeur, le soin de faire le ménage derrière eux. Un cafard a beau lui tenir compagnie, il s'ennuie ferme et occupe son temps à enrichir sa collection d'objets à présent insolites. Jusqu'au jour où une navette fait escale pour déposer une jolie robote : Eve.
Orpheus dans " Wall·E" : Un petit faible pour le robot M-O avec qui j'ai quelques ressemblances. Il roule nerveusement à gauche à droite avec pour mission de faire place nette là où d'autres foutent le binz. C'est carrément l'image que j'ai de moi depuis quelques semaines : être sur tous les fronts à colmater les fissures des autres...
Et sinon ce film ? J'avais pris garde d'éviter toutes les bandes annonces, reportages et critiques de Wall·E afin de ne pas trop être sous influence. Je n'avais vu que le premier teaser qui présentait ce film comme une romance robotique. J'étais tout à fait disposé à m'en contenter. Mais c'était sans compter sur le génie du studio Pixar qui, même sous la bannière politiquement correcte de Disney, parvient à donner une dimension délicieusement subversive à ce métrage où il y a bien plus matières à réfléchir que dans d'autres productions plus classiques. Les mauvaises langues peuvent toujours persifler que les préoccupations environnementales sont ce qu'il y a de plus consensuel, mon pessimisme (réalisme?) sur ce point est tel que j'apprécie toutes initiatives de sensibilisation. Je pourrai m'étaler également sur l'abrutissement des masses, mais je préfère vous laisser la surprise... Finalement, la romance entre les deux robots passe rapidement au second plan. Heureusement qu'elle est là d'ailleurs pour apporter une bouffée d'oxygène dans cette peinture d'un avenir peu glorieux. J'ai d'ailleurs été traumatisé par une pensée pendant tout le film : "Que sont devenus les humains qui n'ont pas eu les moyens de se payer la fameuse croisière intergalactique de cinq ans?". Encore maintenant j'en ai des frissons dans le dos. Cela colle tellement avec l'idée que je me fais de demain : seul les fortunés pourront se payer le luxe de la survie, et tout cela, dans l'indifférence générale.
Le plus mieux ? Je vous épargne le sempiternel couplet de la qualité de l'animation. Pour un studio comme Pixar, c'est chose acquise et à classer dans le minimum syndical. On en rediscutera le jour où elle sera à chier. (je dis ça, mais à chaque fois, je me démerde pour l'évoquer quand même). Bien évidemment, j'ai été sensible au labeur de Wall·E qui avec ses compressions de déchets reconstruit les buildings de la ville détruite. Il y a à la fois l'expression de la nostalgie et la volonté d'agir contre le chaos. Wall·E étant quasi muet, il fallait trouver moyen de le rendre expressif. Ces "yeux" remplissent à merveille cette fonction sur tous les modes. Et puis comment ne pas mentionner la danse qu'il exécute avec Eve...
Le plus pire ? Les goûts musicaux de Wall·E. On a frôlé la perte d'une étoile.
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