29 Octobre 2009

 
Micmacs à tire-larigot
 
 

L'aversion de Bazil pour les armes à feux se comprend bien. Son père a sauté 30 ans plus tôt sur une mine anti-personnel et lui-même s'est pris une balle dans le crâne qui lui a fait perdre logement et emploi. Ses errances le mènent vers une curieuse famille avec laquelle il va organiser sa vengeance...

Orpheus dans "Micsmacs à tire-larigot" :
Sans être d'une incroyable souplesse, j'ai une tendresse toute particulière pour le personnage de la Môme Caoutchouc incarné par Julie Ferrier. Bien campé dans ses bottes, elle affirme haut et fort sa personnalité. Et pourtant, elle cache un cœur d'artichaut et ses yeux dissimulent difficilement son énorme besoin d'amour.

Et sinon, ce film ?
Ah... Jean-Pierre Jeunet... Je ne vais pas jouer la carte du blasé ou de la fine bouche et avouer tout simplement qu'il trône parmi les quelques réalisateurs français qui ont toute mon admiration depuis leurs débuts. Je suis friand de son univers peuplé régulièrement d'infirmes auxquels il s'évertue à confectionner des tenues flamboyantes de super-héros. Ma préférence va incontestablement à son One, fabuleux Ron Perlman dans La Cité des Enfants Perdus (un de mes films cultissimes).
Je lis là-bas, que certains lui reprochent de décliner pour une enième fois la même recette dont les ingrédients sont des décors de cartes postales aux couleurs saturés, de répliques calibrées pour marquer les esprits, des personnages tous plus improbables les uns que les autres et des enchaînements de situations rocambolesques... Et alors ! Moi, des petits plats mijotés comme cela, je ne m'en lasse pas et il est hors de question que je boude mon plaisir de spectateur. En fait, je crois même que toutes ses critiques sont exactement ce que j'admire chez lui : sa véritable démarche artistique, son souci constant du détail, sa fidélité qu'elle soit aux thèmes, aux acteurs ou aux couleurs, sa capacité à truffer ses films de clins d'œil en signe de déclaration d'amour.
"Micmacs à tire-larigot" n'échappe pas à la règle. On y retrouve un synopsis d'une simplicité désarmante agrémenté d'habilles digressions, des personnages hauts en couleurs avec de vrais valeurs humaines comme on aimerait en rencontrer plus souvent, le tout dans la palette saturée bien habituelle des ocres, vert et orangé...
Niveau casting, là aussi, le choix a été excellent. Sans être véritablement client de Dany Boon, je dois avouer qu'il incarne à la perfection son rôle lunaire et facétieux revanchard. Mention spéciale également à Yolande Moreau, incroyable Anna Madrigal de cette maison de bric et de broc dans cette Chronique du caniveau... Et quelle joie de retrouver encore Dominique Pinon, un fidèle chez Jeunet. Dussolier, Marielle, Cremades, ou Sy n'ont pas à se plaindre non plus. Chez Jeunet, il n'y a pas de petit rôle et chacun a le droit à sa grande scène...

Le plus mieux :
L'humanité et les valeurs des personnages.
Et aussi cette déclaration d'amour aux cinéphiles qui doublent les répliques des films en les regardant...
Et une réplique aussi, celle de Bazil à la contorsionniste : "Ma mère m'a toujours dit de me méfier des femmes tordues."


Le plus pire :
Les affiches du film placardées dans le décor.

* * * * °




 
 

Ce billet est classé dans :
Ciném'Arts

 

Les Commentaires
 
 
  Pas de commentaire associé
 


Poster un commentaire
  NOM :
  Email : (non publié)
  Titre : (facultatif)
  Message :
 
  Lien vers ton blog (facultatif - affiché si renseigné).
  http://
 

 
Fil rss des billets



Les autres billets sont archivés là...