West Coast Road Trip Book

Les bonnes choses ont une fin, les vacances terminées, il faut laisser la place aux autres. J'ai prolongé un peu la magie du voyage en traitant les 2195 photos capturées sur les 4908 kilomètres de notre Road Trip sur la Côte Ouest des Etats-Unis... Ça n'a pas l'air comme ça mais ce ne fut pas évident de faire la sélection pour le Travel Book sans rajouter plus de pages que de raison...
Donc ça c'est fait, il n'y a plus qu'à transmettre les fichiers pour l'impression... Ici, c'est plus simple, tu n'as qu'à cliquer sur le bouquin ci-contre... Et hop, roule ma poule !
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Quelques notes pour mémoire et pour celles et ceux que ça intéresse :
* Notre voyage a été concocté à partir d'itinéraires de circuits trouvés sur les sites de Nouvelles Frontières, Jet Tours et Voyages Privés. On a pris tous les points d'intérêt et on a fait le tri pour ne garder que le plus intéressant et réalisable sachant que nous avions 15 jours pleins sur place et que nous ne voulions pas dépasser les 4000 kilomètres pour le bien-être de mon chauffeur de mari... (Bon, dans les faits, le compteur en a affiché 900 de plus à l'arrivée mais ce n'est pas bien grave...)
* Les 3 gros coups de cœur : Bryce Canyon pour ses majestueux hoodoos, Antelope Canyon pour ses formes toutes en douceur et Monument Valley pour le surréalisme...
* La bonne surprise : Las Vegas, je ne suis vraiment pas un joueur d'argent alors je ne m'attendais pas à apprécier plus que cela, et pourtant, j'avoue que cette ville a réussi à me séduire, certainement son côté Times Square en dix fois plus grand... Cerise sur le gâteau, on y était pour la Fête Nationale du 4 Juillet, autant dire que ça claquait ! Je tenterai donc de fermer les yeux sur les aberrations écologiques qui font de cette ville ce qu'elle est...
* La petite déception du voyage : Los Angeles. Je n'aime pas les villes où on ne peut circuler aisément à pied. Los Angeles est tellement grande qu'il faut prendre des autoroutes pour aller d'un quartier à l'autre... Heureusement que le côté Cinéma de la ville a contrebalancé un peu ce sentiment.
* Le moment inattendu : Nous étions sur la Route 66 et en entrant dans Newberry Springs, une maison attire mon attention, je demande à Jièm de ralentir et voit inscrit "Bagdad Café" au dessus de la porte. "Stoooooop the motherfuckin' car nooooow !". Mais oui, c'est bien là qu'a été tourné le film... J'adore ! A desert road from Vegas to nowhere... Iiiiiiii am caaaaalling youuuu !
* Le moment queer : A San Francisco, où nous sommes allés sur Macondray Lane qui n'est autre que la ruelle perchée sur Russian Hill qui a servi d'inspiration à Maupin pour Barbary Lane... Hélas, pas de Mme Madrigal au 28...
* Le moment Cinéma-TchiTcha : Mais tout le temps ! Il y a toujours un paysage qui fait penser à un film... Et bien évidement, sur l'Interstate 40, je ne peux penser qu'à Thelma & Louise, avec ces longues lignes droites quasi désertes face aux montagnes ! Bon ok, on n'était pas en décapotable et Brad Pitt n'était pas à l'arrière...
* Le moment un peu concon : Je ne suis pas très randonnée en foret, mais j'ai été impressionné par Sequoia Park et ses arbres trimillénaires. Et là, je me suis entendu dire : "Tu te rends compte qu'un de ses arbres a du voir Madonna jeune !"
* Le moment un peu creepy : On est dans la Vallée de Feu, il fait 42°C, il nous reste deux bouteilles d'eau, il n'y a personne à perte de vue, on se dit que si la voiture nous lâche, on est mort.
* Le moment Pardon My French : Au Grand Canyon quand un quinqua américain m'a demandé comment je trouvais ce lieu et que je lui ai répondu "Olala, it's not a Canyon de pédé !". Ouaip, impressionnant le Grand Canyon, surtout vu d'un petit avion...
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Bon allez, j'arrête là avec les souvenirs, je me saoule moi-même, alors j'imagine vous...
Bref tout ça pour dire que c'était exactement le voyage magique dont je rêvais depuis quelques années et dont j'avais besoin...
Je n'ai qu'une envie maintenant, repartir ! Ailleurs, d'autres horizons, d'autres sensations...

En attendant, il y a maintenant un film du voyage à monter...
Ça va être une autre paire de manche c't'histoire...

Le dernier combat

Dans ma famille paternelle comme maternelle, on ne meurt pas de mort paisible dans son lit. On meurt rarement de mort violente dans un accident. Non, on a le chic pour la fameuse formule "Mourir des suites d'une longue maladie", avec une préférence peut-être pour les cancers, de tous types, on n'est pas difficile. Disons que statistiquement, c'est là que nous marquons le plus gros score. 

Dans ma famille, on se bat. Jusqu'au bout. On entend toujours aux funérailles "Il aura été courageux. Il s'est battu jusqu'au bout !". On se regarde ensuite du coin de l'oeil en se demandant qui sera le prochain...

Plusieurs fois dans ma vie, lorsque j'ai eu des grosses frayeurs (premières plongées en profondeur, danger sur la route ou vol épique en avion...), je me suis rassuré en me disant "t'inquiète, il ne peut rien t'arriver, ce n'est pas comme ça qu'on meurt dans la famille". C'est totalement con comme attitude, je ne crois pas en une malédiction, je sais qu'il ne s'agit que de coïncidences, mais bon, une façon certainement que j'ai de faire un pied-de-nez au destin si celui-ci existe ou à la loi des séries...

J'ai cependant une idée bien arrêtée de mon attitude face à la maladie. Même si je sais très bien qu'on peut dire tout ce que l'on veut, on ne sait jamais rien avant d'être au pied du mur... Donc, il me faut dire "à priori".
À priori je ne veux pas passer mes six derniers mois dans une chambre d'hôpital, à priori, je ne veux pas voir les regards de ceux que j'aime chercher une lueur d'espoir dans les discours des chirurgiens, je ne veux pas que la vie de mes proches soit rythmée par mon tracé électro-encéphalogramme... Non, je ne veux pas me battre. Mais pas du tout. J'en ai vu tellement des arrières-grands parents, des grands-parents, des oncles, des tantes, se retrouver reliés à des machines, à des gouttes à gouttes, à moitié inconscients, décharnés... Tu parles d'une bataille. Il ne s'est pas battu jusqu'au bout, non, mais il en a chié des ronds de tuyaux jusqu'au bout, ça c'est certain.
Non, je crois qu'il faut bien plus de courage pour accepter de ne pas se battre justement. Accepter que l'addition vient de tomber et profiter pleinement du temps qu'il reste. J'espère que j'aurais le courage de dire "Non. C'est bon, j'ai eu une superbe vie, terminons la plutôt en beauté". Idéalement, on me laisserait 5 ou 6 mois. Le temps de vendre rapidement mes biens, d'avoir encore quelques orgasmes, de dire au revoir aux gens qui comptent, et de voyager tant que cela est possible. Tant qu'à me bourrer de médocs, autant qu'ils servent à anesthésier la douleur le temps que je me remplisse le cerveaux une dernière fois d'images merveilleuses... Oui, voyager, c'est ce que j'aime le plus. À défaut d'un dernier combat, je signe pour un dernier voyage.

Ah oui, autre chose... Quand j'aurais tiré ma révérence, je veux être le seul invité à mes funérailles. À priori, ce sera une crémation dans la plus stricte intimité. Juste moi et le personnel nécessaire... L'autre voulait mourir sur scène, moi, je préfère l'ombre au feu des projecteurs... Je serai mort, faudra vous y faire ! Autant commencer le plus rapidement possible. La mise en scène du pathos autour de ma dépouille ne me servira à rien. On me dit toujours que certains ont besoin de cela pour tourner la page... Je peux le comprendre certes. Mais vous ne m'accompagnerez pas, je serai déjà parti. Dans ce cas, rassemblez vous ailleurs et faites un bon repas bien arrosé avec plein de nos jolies anecdotes. Cela devrait suffire et sera moins pénible pour tout le monde qu'une séance collective larmoyante dans un crématorium...

Je ne dis pas que tout le monde devrait penser et agir ainsi. Cette phase ultime est tellement personnelle que chacun doit pouvoir faire comme bon lui semble. Je ne vous demande qu'une seule chose : Merci de gifler le premier qui aura le mauvais goût de dire "au moins, il est plus heureux là où il est maintenant".

LEAVE FLIPPER ALONE !

Connaissant ma passion pour la plongée et la faune sous-marine, un ami pensant bien faire m'a envoyé aujourd'hui une photo de lui dans un parc aquatique avec des dauphins juste derrière lui. Effet immédiat sur moi : montée de fièvre, crise de colère et pulsion meurtrière !
"Mais pourquoi donc ?", me demande-t-on TOUJOURS quand je m'emporte sur ce sujet.
Oui, moi aussi, depuis mes tendres années où je voyais la série Flipper Le Dauphin, j'avais envie d'aller au zoo aquatique pour voir et si possible nager avec des dauphins. Mais ça c'était avant. Avant de voir The Cove.

The Cove

The Cove, la Baie de La Honte est un documentaire (Oscar du meilleur documentaire 2010, Sundance Audience Award 2010, et bien d'autres récompenses encore) de Louie Psihoyos centré sur le combat de Ric O'Barry pour la sauvegarde des dauphins. J'ai une admiration sans borne pour cet homme qui était le célèbre dresseur des dauphins jouant le rôle de Flipper, et qui a participé à l'essor des parcs aquatiques avant de les combattre de toutes ses forces.
Sa lutte l'a mené à Taiji au Japon, cœur névralgique de l'industrie mondiale des dauphins. C'est là qu'il a découvert ce massacre : En marge de la capture des dauphins pour les spectacles, chaque année ils sont plus de 23.000 à être trucidés sauvagement...

Quelques images valant mieux qu'un long bavardage maladroit, je vous ai fait un montage en seize minutes de ce documentaire d'une heure trente. Avant de te rendre dans un SeaWorld (ou autre Delphinarium), je te demande de regarder ceci et de te poser cette question : le spectacle était-il si beau que cela ?

J'espère que ce montage vous donnera envie de voir The Cove dans son intégralité, mais surtout qu'il vous sensibilisera à ne plus aller dans ces parcs d'attractions : vous y rendre, c'est cautionner financièrement tout ce système, y compris la politique de pèche intensive qui met en péril les fonds marins et l'équilibre de la planète...
Pour rien au monde, je me rendrais aujourd'hui dans un delphinarium où l'espérance de vie de ces cétacés est réduite de moitié. Je ne veux pas être complice de ça et du reste.

Deux fois dans ma vie de plongeur, j'ai eu l'occasion de nager avec des dauphins sauvages. La première fois en Mer Rouge, et la seconde, l'année dernière, lors de notre périple dans l'archipel des Saintes. Cette fois là, j'en ai même profité pour les filmer lors d'un de leurs passages. Souvenirs, souvenirs :

La beauté de la liberté, tout simplement.

Maintenant que ce soit clair, le prochain qui m'envoie une photo de lui dans un delphinarium ou nageant avec des dauphins en captivité, je lui démâte la gueule avec un harpon rouillé pour en faire des sushis.

Orpheus, aka Sœur Marie-Thérèse des Delphinidés

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